Caroline Chopinaud – Directrice Générale Hub France IA

22 juin 2026

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Pour avoir des IA plus responsables en 2026, il faut avoir des IA qui sont plus éthiques, plus durables et plus inclusives.

Votre histoire personnelle avec l’IA ?  

L’intelligence artificielle, j’ai découvert ça il y a un peu plus d’une vingtaine d’années pendant mes études d’informatique. Et c’est devenu une vraie passion. Je n’ai jamais arrêté donc j’ai travaillé sur le secteur de la défense pour développer des modèles d’IA, j’ai ensuite monté ma start-up et aujourd’hui je dirige une association qui est vraiment focus sur l’intelligence artificielle.  

La mission de Hub France IA ? 

Les missions de l’association, c’est d’accompagner l’adoption et l’accélération de l’IA par tout le tissu économique français. Pour ça, on produit chaque année une dizaine de livrables qui vont éclairer sur les impacts et les enjeux de l’IA. La démarche est vraiment très collaborative. On a une position d’intérêt général pour permettre à tous de comprendre comment on déploie des IA qui sont éthiques, responsables et souveraines. 

Racontez-nous l’IA Act ? 

Alors l’IA Act, c’est le grand règlement européen sur l’intelligence artificielle qui a pour ambition de donner un cadre pour déployer des IA de confiance et des IA qui sont responsables. Ça met des limites sur les intelligences artificielles qui sont définies comme étant à haut risque : les IA qui sont pour le Légal, les RH, pour l’Éducation. C’est une posture de l’Europe qui est primordiale dans un contexte géopolitique où c’est extrêmement complexe de déployer de l’IA de confiance. 

« Human oversight » OU « Human in the loop » ? 

Human in the loop, c’est le concept de mettre l’humain dans la boucle d’apprentissage et de décision des systèmes d’intelligence artificielle. Donc c’est ce qu’on fait naturellement aujourd’hui. Human oversight, c’est vraiment avoir ce concept de contrôle et de supervision des IA par des humains. Ça devient vraiment stratégique aujourd’hui, en particulier avec l’IA générative où on a du mal à maîtriser les modèles et maîtriser les outputs. Donc on a besoin de ce cadre de contrôle de plus en plus pertinent pour déployer en confiance des systèmes d’intelligence artificielle. 

La réglementation, frein à l’innovation ? 

La réglementation ça n’a jamais été un frein à l’innovation. Il y a tout un tas de secteurs qui sont hyper réglementés comme la santé où on voit des innovations qui sont incroyables, en particulier sur l’intelligence artificielle ; ça a toujours été le secteur où l’innovation en IA est la plus présente. C’est un moyen d’innover dans un cadre de confiance et c’est primordial pour notre innovation et pour notre positionnement en Europe. Donc je dirais plutôt accélérateur que frein à l’innovation.

L’IA frugale : Kesaco ? 

L’IA frugale, c’est un concept qui existe depuis de nombreuses années, mais sur lequel on avait du mal à mettre des mots et des chiffres. À la base, le concept c’est d’avoir besoin de moins de données et d’utiliser moins de puissance énergétique pour entraîner ces IA. Globalement, c’est un peu plus complexe que ça. Il y a un référentiel qui est sorti à l’été 2024 qui définit à la fois le concept plus exactement, aussi les métriques pour calculer cette notion de frugalité et tout un tas de bonnes pratiques qui permettent de mettre en œuvre des systèmes d’IA plus frugaux autour de la donnée, autour des calculateurs, autour de la puissance de calcul, des infrastructures. C’est un concept quand même qui regroupe tout un tas de métriques qui est difficile à maîtriser, mais qui est primordial aussi aujourd’hui pour déployer des IA qui sont plus responsables. 

POUR ou CONTRE l’IA pour tous ?  

L’intelligence artificielle, je pense que ça devrait être accessible à tous les citoyens et à toutes les entreprises. C’est vraiment la mission de notre association. Mais je pense également qu’il est important de sensibiliser et de former l’ensemble de nos citoyens, les écoles, les enfants, aux impacts de l’intelligence artificielle, à ses risques, à ses biais pour qu’on puisse la déployer largement. 

La France et l’IA : en retard ou en avance ? 

Alors on dit souvent que la France et l’Europe sont en retard sur l’intelligence artificielle comparées aux géants américains, mais on a une particularité, c’est que notre écosystème est extrêmement fragmenté sur le sujet. On va avoir des milliers et des milliers de startups qui proposent des solutions qui sont extrêmement innovantes pour l’intelligence artificielle, mais qui ont du mal face à la concurrence américaine. Donc on est aussi extrêmement en avance sur les sujets réglementaires et sur les sujets de frugalité. Ce qui fait qu’aujourd’hui la France est le premier pays au monde à avoir travaillé sur un référentiel IA frugal. Je pense que c’est important de le signaler et de se dire que cette posture qu’ont l’Europe et la France vis-à-vis de l’IA responsable fait la différence par rapport aux géants américains.

Un Positive word pour conclure ? 

Faites de l’IA mais qu’elle soit utile.

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