Aishah Iqbal – Fondatrice et Cultural Strategist de What’s Next! Media Group et réalisatrice #whitehairdontcare
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Aspirer différemment. Depuis des décennies, on nous dit d’aspirer à une apparence jeune. Je veux questionner cela. On peut élargir la définition de ce à quoi on aspire. Plutôt que de courir après la jeunesse, on peut aspirer à être bien avec nous-mêmes en vieillissant.
Pourquoi avoir voulu raconter l’histoire des cheveux blancs chez les femmes ?
Je voulais explorer la notion de choix. Le gris est le signe de vieillissement le plus visible et le plus facile à modifier. C’est aussi un signe très stigmatisé. C’était donc une bonne porte d’entrée pour comprendre comment l’industrie de la beauté façonne ce que les femmes pensent être leur choix.
Cheveux blancs : invisibilisation ou émancipation ?
Laisser pousser ses cheveux gris change la façon dont on est perçu. Pour beaucoup de femmes, cela peut donner un sentiment d’invisibilité. Mais avec le temps, cela peut mener à plus de liberté. On ne joue plus un rôle pour répondre aux attentes des autres.
Pour moi, les premiers mois ont été assez difficiles. Je devais gérer les retours de ma famille, de mes amis et d’inconnus. Mais aussi mon propre regard. C’était difficile de me regarder dans le miroir. Je devenais très vite quelqu’un que je n’étais plus habituée à voir. L’adaptation a pris du temps. Mais plus je m’habituais, plus je me sentais alignée avec cette décision. Cela se voyait dans mon expression extérieure. Je marchais différemment. Je parlais différemment. Et les gens le remarquaient. C’était très puissant. J’ai fini par me dire : « J’ai fait quelque chose de vraiment difficile pour moi ». Les réactions étaient mitigées. Je me suis dit : « Peut-être que je peux faire d’autres choses difficiles ». Cela m’a amenée à prendre plus de risques. Et à expérimenter plus dans ma vie. C’est le plus beau cadeau.
En quoi les images peuvent-elles faire changer les normes ?
Il faut le voir pour pouvoir l’être. On le sait en marketing. La visibilité crée la normalisation. Et la normalisation mène à l’acceptation. Plus on montre des femmes plus âgées avec des signes visibles de l’âge, plus cela semble normal. Moins c’est tabou. Et cela aide à redéfinir ce à quoi on aspire en vieillissant.
Dans le marketing et la publicité, on connaît l’importance de la répétition. C’est comme la notoriété de marque. Plus on montre, plus on crée du changement. Si on traite ce sujet — montrer les signes visibles de l’âge chez les femmes — plus on le montre, plus on accélère le changement positif. Les images vont plus vite que les mots.
Que dit ce sujet de notre époque et de la pression faite aux femmes ?
Ce sujet montre à quel point cette pression est invisible. Aujourd’hui, tout est présenté comme un choix personnel. Mais cela masque à quel point ces choix sont contraints. On est dans une époque où les femmes disent : « Je le fais pour moi », « pour mon corps », « pour me sentir comme ça ». Mais on ne voit plus les systèmes derrière ces choix. Les structures qui nous orientent. L’opportunité aujourd’hui, c’est de faire une pause. Et de questionner l’origine de ces choix. Sont-ils vraiment les nôtres ? Ou sommes-nous influencées pour décider de la beauté et du vieillissement ?
Un Positive Word pour finir ?
Aspirer différemment. Depuis des décennies, on nous dit d’aspirer à une apparence jeune. Je veux questionner cela. On peut élargir la définition de ce à quoi on aspire.
Plutôt que de courir après la jeunesse, on peut aspirer à être bien avec nous-mêmes en vieillissant. C’est la chose la plus naturelle au monde. Et cela peut être à la fois culturellement fort et commercialement viable.
