Brune Poirson – ancienne Secrétaire d’État à la Transition Écologique et Solidaire et Députée du Vaucluse

26 mars 2021

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Le 11 mars dernier, Brune Poirson était l’invitée exceptionnelle d’Orange pour le lancement d’un grand dispositif autour de la communication responsable co-construit par l’Ecole de la Com d’Orange et l’équipe du Make It Positive Lab.

A cette occasion, le #MIPLAB a pu l’interviewer sur la transition écologique, l’agenda 2021 et le rôle des entreprises. #Mysezame #Publicisgroupe #wedemain

Quand avez-vous eu votre premier déclic écologique ?

J’ai eu deux déclics qui sont plutôt des déclics littéraires. Le premier, ce sont les livres de Jean-Henri Fabre, c’est un entomologiste qui écrit des livres extraordinaires sur la nature et les insectes. Et puis le deuxième, ce sont les ouvrages d’Alexandra David-Néel qui était une grande exploratrice et qui est partie explorer toute une partie de l’Asie et c’est là où j’ai réalisé, où j’ai fait le lien entre le petit et peut-être le global, ce qui vraiment est le socle de la transition écologique. Et puis c’est vrai qu’ensuite, j’ai habité en Asie et c’est vrai que quand vous êtes par exemple dans un pays comme l’Inde ou la Chine, cette question de la transition écologique vous saute aux yeux tous les jours, au quotidien avec les ordures dans la rue, avec des modes de consommation aussi sur lesquels il faut peut-être s’interroger.

Vous finissez votre mandat en tant que Vice-Présidente au sein de l’Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement. Les Nations Unies servent-elles encore à quelque chose ?

Oui, les Nations Unies servent à quelque chose. Les Nations Unies ce n’est pas parfait mais il nous faut une enceinte, il nous faut un endroit où l’ensemble des pays du monde peut se rassembler pour discuter des problèmes communs à l’humanité et au premier chef, celui du réchauffement climatique et de la préservation de la nature. Il faut savoir que par exemple l’Accord de Paris, c’est la première fois que l’ensemble des pays du monde et que l’ensemble de l’humanité s’est mis d’accord, hormis quelques exceptions, pour réaliser une action commune. Pour moi, c’est le socle du 21ème siècle, c’est le contrat social du 21ème siècle et ça s’impose ensuite aux Etats qui doivent le décliner dans des lois et qui ensuite s’appliquent aux citoyens du monde entier.

Quel est justement l’agenda 2021 à l’échelle internationale pour continuer le combat de la transition écologique ?

L’agenda en 2021, à l’échelle internationale pour le réchauffement climatique et la préservation de la nature, c’est l’action. 2020 devait être l’année de l’action puis on a vu ce qui s’est passé malheureusement, donc en 2021, on n’a pas le choix, il faut malgré le contexte continuer à agir. Ça tombe bien parce que c’est une année qui est clé à plusieurs titres, d’abord parce que c’est la COP26 qui va avoir lieu à Glasgow et cette COP là à la fin de l’année est cruciale parce que c’est le moment où les Etats doivent revoir à la hausse leur ambition en faveur du climat. Donc ça va là aussi percoler sur toutes les entreprises du monde entier et sur tous les citoyens du monde entier. Puis deuxième chose importante, c’est qu’à lieu en Chine là aussi à la fin de l’année, la COP15 de la biodiversité, il va falloir faire établir un cadre pour la préservation de la nature qui soit équivalent à celui qu’on avait fait au moment de la COP21 à Paris. 2021 c’est l’année de l’action.

Dans ce contexte, quel est le rôle des entreprises ?

A mes yeux, les entreprises ont un rôle absolument fondamental à jouer dans la transition écologique. Je pense même que ce sont elles qui vont faire la transition écologique parce que c’est là que se situent d’immenses réservoirs de créativité, d’innovation et de nouvelles technologies dont on sait qu’on va avoir besoin. Par exemple, on ne pourra pas réaliser la transition écologique si on ne fait pas la transition numérique mais il ne peut pas y avoir de transition numérique si elle est extrêmement émettrice de CO2 et qu’elle ravage la nature aussi donc les deux sont très liées. Quand on dit « entreprises », parfois on imagine tout de suite des grosses entreprises mais il y a toutes sortes d’entreprises, il y en a des plus petites qui s’attaquent à des problèmes locaux, il y en a d’autres qui s’attaquent à des problèmes qui sont plus mondiaux, il y en a certains qui travaillent sur des changements de process et d’autres qui travaillent plutôt sur des technologies. Bref, quoiqu’il en soit on a besoin d’action et ce sont les entreprises qui portent cette action-là et qui réalisent la transition écologique au quotidien.

Quel autre engagement souhaitez-vous que les entreprises prennent à l’avenir ?

En matière d’engagement, je crois que là ce qui compte c’est que l’on transforme en profondeur nos façons de produire et nos façons de consommer. Et donc comme engagement, si j’ai le droit je vais tricher un peu et je voudrais en donner deux. Le premier ce serait de réfléchir et de fabriquer des produits qui soient éco-conçus, c’est-à-dire qu’ils soient conçus dès l’origine pour être réparables, réutilisables et recyclables, ça c’est fondamental. Si on prend l’exemple d’un smartphone, on l’utilise en moyenne deux ans et ça ce n’est pas normal, il faut pouvoir l’utiliser bien plus longtemps. Pareil pour nos habits, la fast fashion, on sait que c’est le tout jetable, là encore on doit pouvoir garder nos habits plus longtemps, ils doivent être de meilleure qualité et ils doivent être conçus dès l’origine quel que soit le produit pour être recyclable, réutilisable ou réparable. Et puis la deuxième chose aussi c’est que dans la Loi Anti-gaspillage que j’ai portée en France, il y a une mesure phare qui est l’interdiction de destruction des produits neufs qui n’ont pas réussi à être vendus. Ce que j’aimerais c’est que les entreprises françaises qui ont des filiales à l’étranger, qui travaillent dans d’autres pays du monde et bien se l’appliquent aussi à elles-mêmes. Je crois que de cette façon-là, on arrivera à l’échelle de la planète peu à peu à arrêter cette absurdité totale qui est de produire pour détruire.

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