La France au défi du Coronavirus, le point de vue de Corinne Lepage lors du webinaire du MAIF Social Club

19 mai 2020

Intervenante : Corinne Lepage, Avocate et ancienne Ministre de l’Environnement, ancienne Eurodéputée

Ce qui nous positive

Voir dans cette crise une opportunité historique de concevoir un après qui affaiblira les risques auxquels la population est exposée. 

Ce que nous pouvons faire

Nous inscrire dans une logique de relecture de notre manière de vivre tant collective qu’individuelle.

La crise a révélé de nouvelles solidarités qu’il faudra pérenniser ; il faudra également en concevoir d’autres pour proposer un avenir désirable aux générations prochaines. Cela passe par le fait de repenser l’économie et le développement, mais aussi nos manières individuelles de vivre, de consommer.

Demain devra quitter l’imprévoyance pour la prévention. Au-delà de la crise sanitaire et de la crise écosystémique qui en résulte, des choix devront être faits qui prendront résolument en charge le long terme c’est-à-dire qui intégreront les impératifs climatiques, écologiques, sanitaires, sociaux autant qu’économiques, étroitement liés. 

A la racine de la maladie

Cette pandémie s’est développée du fait de la mondialisation et très probablement de la perte de la biodiversité, de l’amoindrissement des espaces laissés aux espèces sauvages, de la pollution de l’air qui favorise les maladies respiratoires virales. Or, cette crise pourrait être une préfiguration d’autres qui jalonneront le prochain siècle ; en effet, le dérèglement climatique entraîne la fonte du pergélisol et libère ainsi des bactéries et virus encore inconnus.

L’infiniment petit parvient à mettre à terre le système global ! La crise écosystémique révèle les inégalités et faiblesses de nos sociétés : ce sera peut-être l’opportunité d’une remise en cause des mécanismes existants.

Faire face aux risques

La sortie de crise appelle un redémarrage économique. La tentation de mettre de côté les contraintes environnementales et sociétales est forte, cela d’autant plus que le début d’année à permis des « économies » de CO2. Or seule une politique sérieuse de protection des ressources peut présenter des garanties contre le risque sanitaire.

Faire face aux risques, c’est retrouver l’autonomie. En matière de santé, c’est investir en amont afin de réduire le plus possible les risques, puis faire jouer la solidarité nationale en aval lorsque nécessaire. Il s’agit du rôle du collectif.

Le retour à l’Europe et au local

Dépendre des autres sur ce qui est vital est inacceptable ; c’est pourquoi il est essentiel de penser en terme d’autonomie alimentaire, sanitaire, autant qu’énergétique ou digitale. C’est pour cette raison que la mondialisation telle qu’existante, également à l’origine d’inégalités, doit s’effacer. L’autonomie ne se situe pas nécessairement à l’échelle nationale : elle peut s’envisager du local à l’européen, en ayant conscience des exigences de solidarité qui en découlent.

Essentiel à la reconquête de l’autonomie, le niveau européen est aussi incontournable au développement de la recherche comme à la lutte collective contre le dérèglement climatique, la santé environnementale, la pollution chimique ou la toxicité de certains produits.

En ce qui concerne le local, la crise du Coronavirus a mis en évidence l’importance de la proximité territoriale et des  liens territoriaux.

La relance 

La relance qui se prépare devra se faire avec un esprit de prévention ; ainsi, les activités économiques délétères, destructrices de la biodiversité ou très toxiques pour la santé humaine ne devront pas être encouragées, afin d’engager un cercle vertueux.

La notion d’entreprise à mission est intéressante avec des objectifs non seulement de rentabilité mais aussi de raison d’être. L’enjeu de réputation devient prégnant d’autant plus que les investisseurs observeront le comportement de ces entreprises en matière de risque social ou environnemental. 

Les consommateurs quant à eux ont un rôle important à jouer. Leur vigilance quant à la provenance, la qualité et la facture environnementale des produits qu’ils achèteront pèsera considérablement dans l’orientation finale.

Les signes positifs

Les territoires se sont révélés être le ressort de la société et c’est dans ce ressort que se puisera le projet du futur. 

Les signes positifs s’illustrent dans la créativité mise en œuvre pour venir en aide ou soutenir le corps médical et le personnel soignant, les élans de solidarité de proximité, autant que dans l’action des maires. Ce sont ces ressorts de la société qui permettent de faire face à l’épreuve et c’est dans cette volonté et cette créativité que germera le futur. Il faut être attentif à toutes les mesures qui sont prises aujourd’hui qui devront s’inscrire dans cette logique de transformation positive.

Véronique Lelann

Responsable Service Documentation – Saatchi & Saatchi

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