Jean-Pierre Goux – Fondateur de Biosphere Economics, OneHome et écrivain

21 octobre 2026

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Alors aujourd’hui, beaucoup de gens pensent qu’on pourrait, avec la technologie, résoudre tous les problèmes. La technologie seule ne peut pas changer le monde et guérir le monde. On a besoin d’un changement culturel et de se repositionner en tant qu’humanité dans notre rôle au sein de la biosphère. Et c’est en ça que le rôle d’Homo Biospheris peut éclairer la chose. Et ça, c’est un changement culturel, ce n’est pas un changement technologique.

C’est quoi l’overview effect ?

Les astronautes, quand ils sont partis dans l’espace, ils ont découvert la Terre de leurs yeux, mais ils sont aussi tombés amoureux de la Terre et ça les a transformés. Ils étaient au départ des scientifiques, des militaires, des techniciens. Ils sont devenus des grands défenseurs de la Terre. Ils ont eu une épiphanie. C’est pour recréer cette épiphanie et propager l’overview effect à travers le monde que l’on a créé l’ONG OneHome.

« Homo Biospheris » : science-fiction ou feuille de route ?

Les deux à la fois. C’est-à-dire que c’est de la science-fiction dans le sens où ça n’existe pas encore et il faut l’imaginer, mais c’est aussi une feuille de route, c’est-à-dire une humanité qui est un collectif humain planétaire qui se considère comme un organe de la biosphère. Ça serait de nature à changer la manière dont on aborde toutes les questions écologiques et la manière dont on se transforme. Et le roman, c’est une tentative par le récit pour montrer que c’est possible et pour inciter les gens à aller dans cette direction.

« Biosphere Economics », un nouveau manifeste ?

L’idée centrale, c’est qu’on vit dans une époque très particulière que moi j’appelle l’ère planétaire. C’est à la fois l’ère où on a dépassé les limites planétaires, dont on parle souvent dans l’écologie, mais c’est aussi l’ère où tout est connecté. Un problème dans le monde peut nous toucher, on le voit bien avec le détroit d’Ormuz, même si c’est à l’autre bout du monde. Et à l’inverse, tout le monde peut, par un récit, une chanson, bouleverser le monde. Donc chaque individu peut aussi changer le monde. Et cette ère, c’est à la fois l’ère de tous les dangers et l’ère de toutes les possibilités. Et on a deux manières de la traverser. Soit, c’est de la traverser de manière divisée, et là, on aura que des turbulences croissantes et ça peut aller jusqu’à une extinction de l’humanité par une guerre nucléaire généralisée. Ou alors, on décide de s’unir et de former cette Homo Biospheris, toutes les nations ensemble, et de devenir planétaire, c’est-à-dire prendre la mesure de notre responsabilité, de notre poids. À ce moment-là, on peut faire de cette ère planétaire la plus belle histoire entre l’humanité et la Terre.

Le verrou de la transition : technologique ou culturel ?

Aujourd’hui, beaucoup de gens pensent qu’on pourrait, avec la technologie, résoudre tous les problèmes. Prenez juste une des questions, qui est l’énergie. Si demain, on se réveillait tous et que toutes les énergies étaient renouvelables, tous les autres problèmes écologiques sur l’eau, sur la biodiversité, ils demeureraient. Donc, ça veut dire que la technologie seule ne peut pas changer le monde et guérir le monde. On a besoin d’un changement culturel et de se repositionner en tant qu’humanité dans notre rôle au sein de la biosphère. Et c’est en ça que le rôle d’Homo Biospheris peut éclairer la chose. Et ça, c’est un changement culturel, ce n’est pas un changement technologique. Et ce changement culturel permettrait d’accélérer après la transformation technique et qui serait plus une transformation technique basée sur le biomimétisme que sur les métaux et par l’inspiration, par la nature. Moi ce que je prône dans la Révolution bleue.

Le rôle des marketeurs et communicants dans cette bataille des nouveaux récits ?

Aujourd’hui, une grande partie du problème, il est lié au statu quo, au statu quo des entreprises qui fabriquent des produits ou des services et de ceux qui les consomment. Donc si on veut arriver à faire bouger ça, il va falloir beaucoup d’humour et de créativité pour amener les gens à considérer des usages qui sont considérés comme moins sexy, plus chers. Il va falloir communiquer pour accompagner ces changements de comportement. Et on aura besoin de toute la créativité de cette industrie de la communication.

La Grotte bleue, kesako ?

Dans mon roman, « La Grotte bleue », c’est l’endroit où le héros Abel va à la rencontre de son grand rêve et découvre en fait sa mission de vie. Et c’est le passage qui avait le plus plu aux lecteurs et aux lectrices quand ils ont lu le livre. Et sur le site revolutionbleue.fr, vous pouvez vivre cette expérience de la grotte bleue et rentrer dans une grotte virtuelle où vous serez entouré par les rêves des milliers de personnes qui sont déjà passées et laisser le vôtre. Et tous les jours à midi, on reconstruit le rêve de l’humanité à partir de tous ces rêves qui sont soumis. Et le but, c’est de voir émerger notre rêve collectif et la place de chacun dans ce grand rêve de l’humanité.

Un positive word pour conclure ?

Forcément, le mot « rêve ». Aujourd’hui, on est dans une crise, on nous dit, économique, sociale, environnementale, géopolitique, mais on est surtout dans une crise onirique. C’est-à-dire que les gens ont arrêté de rêver. Et une espèce qui arrête de rêver, c’est une espèce qui va mourir. Et beaucoup de gens n’osent plus déclarer leurs rêves. Et c’est pour ça qu’on a monté cette expérience de la Grotte bleue. Et c’est dans ces rêves qu’est tout le potentiel de transformation du monde, un potentiel extrêmement profond parce qu’il est lié et chevillé à la raison d’être profonde de chaque individu. Et voilà, le mot que je souhaiterais vous partager, c’est le mot « rêve ».

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